ZARKANZAR: L’incroyable procès du dernier pharaon !
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jeudi 4 août 2011

L’incroyable procès du dernier pharaon !



Le dernier des pharaons d’Égypte subit l’affront suprême : sept mois après avoir été chassé du pouvoir, Hosni Moubarak, le tout-puissant patron du pays, leader du monde arabe et dirigeant «modèle» et respecté par la communauté internationale, de Washington à Paris, en passant par l’ONU, Londres ou Moscou, cet homme-là donc comparaissait comme simple accusé dans un procès retransmis dans le monde entier.
L’ex-Raïs, ses deux fils Gamal et Alaa ainsi que son ancien ministre de l’Intérieur Habib El Adli étaient offert, hier mercredi en «spectacle» pour les caméras de la télévision d’Etat égyptienne et celles des chaînes satellitaires, et dans une posture fort pitoyable. Moubarak et les siens devront répondre, au plan judiciaire, des lourdes accusations d’assassinat de manifestants et de corruption pouvant leurs valoir jusqu’à la peine capitale. Cependant que, assurément, c’est au plan politique et symbolique que réside tout l’intérêt d’un procès à tout point de vue historique. Il s’agit d’abord, là, du premier procès du genre pour un président arabe, public de surcroît. Même si le lieu du procès est l’Académie de la police du Caire, la juridiction, elle, est civile. Et à travers Moubarak et ses fils, les Égyptiens jugent, en fait un régime, une époque. Celle d’un règne sans partage du Raïs, inauguré par Gamal Abdenasser en 1954 après avoir réussi à imposer son hégémonie sur la Révolution du 23 juillet 1952 qui avait renversé le roi Farouk. Moubarak, qui s’est emparé du pouvoir dès 1981 à la suite de l’assassinat de Anouar Sadate a, comme tout bon dictateur arabe qui se respecte, «oublié» de le quitter, depuis. Une «omission» qui, comme toutes ses semblables, s’appuie les instruments traditionnels du pouvoir absolu : concentration excessive des pouvoirs, constitution de clientèle, la bride lâchée aux services spéciaux, répression permanente sous toutes les formes et, vers la fin, la préparation en douce du successeur, de préférence dans le tout proche cercle familial. Hafed El Assad l’avait réussi jusqu’au bout, laissant d’ailleurs aux Syriens comme héritage Bachar qui a supplié «honorablement» la disparition brutale de son frère aîné, Bassel, que son père de président avait préparé pour la fonction. Jusqu’en janvier 2011, Hosni Moubarak était également en bonne voie de réussir une succession « tranquille » à la syrienne : Son fils, Gamal, était déjà le véritable homme fort du pays. Régnant sur l’ex-parti au pouvoir, le PND, il était «programmé» pour prendre la place de son père, dès cette année 2011 avec les élections présidentielles qui devaient avoir lieu, n’était la révolte populaire de janvier dernier. D’où toute la charge symbolique et émotionnelle du procès en cours, pour tous les Égyptiens qui n’imaginaient certainement pas un tel scénario, il y’a à peine quelques mois en arrière. Voir en effet, et l’ex- Raïs et son successeur désigné relégués au rang de vulgaires justiciables, malmenés par un juge sans état d’âme et une partie civile plaignante qui n’est pas prête de faire la moindre concessions, est, en soi, une victoire pour le peuple égyptien. Avec l’ouverture du procès de Moubarak, il est autorisé d’affirmer que la révolte populaire en Égypte est, parmi toutes les autres dans le monde arabe, la moins inachevée pour le moment. Pour le reste, il faut attendre l’issue finale de la transition en cours. Une transition qui, en Égypte comme en Tunisie, est de plus en plus marquée par la résurrection, de moins en moins contenue, des forces islamistes qui redoublent d’activisme. A tous les niveaux. 

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Kamel Amarni - Alger (www.lesoirdalgerie.com)

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